Le territoire communal de Pézilla la Rivière s'étend sur 1561 hectares étayés entre le lit de la Têt et 5 à 7 niveaux de vieilles
terrasses quaternaires vers les contreforts de Força Réal, le col de la Dona, l'échine calcaire de Calce, le plateau du Manadell vers Baixas.
Les contrastes entre les terres irriguées (regadius) et les terres sèches (aspres) sont violents et cette dualité offre une série de paysages extrêmement variés, longtemps propices à une mise en valeur agricole multiforme où chaque bande de territoire entrait en complémentarité avec les autres.
Le lit de la Têt est longé d'une forêt de rivage (ripisylve) largement présente à Pézilla alors qu'elle a souvent disparu ailleurs. Il s'agit d'une zone correspondant à des terres régulièrement inondées en cas de crue de la Têt.
Au-delà de cette forêt et jusqu'aux premières terrasses, la plaine alluviale large, très fertile entièrement parcourue par un réseau de canaux d'irrigation, alimentés tout au long de l'année par le canal principal (El Rec de Pésillà), reconstruit au XIVème Siècle à l'époque des rois de Mallorca en remplacement de canaux plus anciens et devenus obsolètes à cette époque de forte croissance démographique.
Depuis lors ce canal n'a cessé de jouer un rôle déterminant dans l'aménagement du territoire pézillanais.
L'entretien et la conservation de ce réseau hydraulique servant aussi au drainage des eaux de pluie, constituent un défi majeur pour l'avenir du
village.
Le village s'installera sur un petit mamelon dans la plaine et se développera surtout en direction des premières terrasses.
Dés que le relief s'élève, l'irrigation par gravité devient impossible, le Regadiu laisse la place à l'Aspre, une série de terrasses alluviales se succèdent, longtemps domaine de l'olivier, du chêne liège (Alzina Surera dit Siures), des garrigues réservées aux pâturages des ovins ou des caprins. Depuis la fin du XIXème et l'arrivée du chemin de fer, c'est la monoculture de la vigne qui s'y est implantée dans des terroirs propices à la forte typicité, menacés aujourd'hui par les campagnes d'arrachage.
De ces terrasses dévalent une série de ravins à régime d'oued, la plupart du temps à sec mais rapidement dangereux par fortes pluies.
D'Ouest en Est, le Clot d'en Godail, la Berne, les Gorgues, le Manadell découpent perpendiculairement les diverses terrasses pour se déverser
dans la plaine. Le long de ces ravins courent les chemins de pénétration vers les plateaux.
Afin de maîtriser le régime hydraulique de ces ravins, la municipalité et la communauté d'agglomération Perpignan Méditerranée réalisent de lourds travaux destinés à protéger le village des crues occasionnées par ces ravins.